Exposé sur Pétrarque de Margot

Publié le par premierelmousseron@hotmail.fr

Francesco Petrarca ou Pétrarque est un érudit, un poéte et un humaniste italien. Avec Dante, il compte parmi les géants de la littérature italienne et tous deux sont considérés comme les pères de la Renaissance en Italie.



De l'oeuvre de Pétrarque (1304-1374) le XVIe siècle privilégie moins l'humaniste que le poète. Avec le Canzoniére
(Rerum vulgarium fragmenta), Pétrarque lègue un recueil de sonnets, chansons, sextines, ballades et madrigaux qui va constituer le modèle de la poésie amoureuse tant en Italie avec Tebaldeo, Serafino et Bembo, qu'en France.
D'origine toscane, le poète Pétrarque vécut alternativement en Italie et dans la région d'Avignon où il rencontra Laure de Noves. Le Canzoniere est un recueil de poèmes qui lui sont dédiés, célébrant dans un style très maniériste cet amour platonique. Le pétrarquisme consiste à imiter cette façon de chanter l'amour.Le Canzoniere relève de la lyrique courtoise qui fait ainsi retour en poésie.


Ce poète fut publié dans toute l'Europe au XVIe siècle. Les deux centres principaux de l'édition pétrarquienne furent Venise et Lyon justement, où Jeans de Tournes édita le
Chansonnier.



Pétrarque vit Laure, pour la première fois, dans l’église de Sainte-Claire d’Avignon, le 6 avril 1327. Il l’aima vingt ans, jusqu’au jour où il apprit qu’elle avait succombé à la peste, et ne cessa de la regretter durant vingt-six ans qu’il lui survécut. Ce sont les poésies qu’il fit sur elle, avant et après sa mort, qui composent le célèbre Canzoniere.Le Canzoniere se divise en deux parties : les poésies sur Laure vivante, Rime in vita di Laura, et celles d’après sa mort, in morte di Laura. La seconde partie, qui est préférée, est plus courte et se ramène mieux à un ensemble. La douleur et la plainte dominent au commencement; le poëte accuse la mort; son amertume est sans cesse augmentée par l’image de la beauté de Laure que tout lui rappelle. Puis sa pensée s’élève, il cherche dans les cieux cette figure évanouie, qui lui apparaît plus belle encore et moins altière. Une véritable apothéose consacre l’objet de ses fidèles amours, et cette partie de l’œuvre est un traité de la consolation, un monument poétique et funèbre élevé à une chère mémoire, in memoriam. Pour clore cette partie et tout son Canzoniere, Pétrarque a écrit une canzone à la Vierge, qui par sa beauté non moins que par une sorte de convenance mystique couronne dignement tant de poésie, d’amour et de pureté.

Les amis de Pétrarque ignoraient tout de Laure. Parmi les deux ou trois choses que nous savons d'elle, on fait grand cas de la réponse du poète à Giacomo Colonna, l'un des plus intimes, qui le provoquait ainsi: " Ta Dame ? nous n'y croyons pas: tu ne penses qu'à la gloire! Ta dame ? personne ne la connait: montre-la-nous donc! " Comment, gémit Pétrarque, n'est-ce pas écrit sur ma figure ? " Voyez mes larmes ! Regardez ma pâleur ! Peut-on simuler de pareils symptômes ?".

L’amour de Pétrarque fut vrai, et ce point n’a pas moins d’importance que celui de sa pureté. Un des sonnets du Canzoniere sert de texte à ceux qui soupçonnent le poëte d’avoir eu plus de style que d’amour , de célébrer, comme le dit Voltaire, une Iris en l’air, mais, en temps que l’objection, ce sonnet fournit la réponse.

« Si j’avais pensé qu’on eût attaché tant de prix à l’accent de mes soupirs en rimes, j’aurais fait celles-ci, dès l’origine même de mes soupirs, plus considérables par le nombre, plus rares par le style.

Maintenant qu’Elle est morte, celle qui me faisait parler, celle qui de mes pensées occupait la cime, je n’ai plus la force, je n’ai plus cette lime si douce, pour rendre suaves et brillantes des rimes âpres et sombres.

Certes toute mon étude dans ce temps était de soulager en quelque façon mon cœur douloureux, non d’acquérir de la renommée.

Je ne voulais que pleurer, non me faire honneur de mes pleurs. Aujourd’hui je voudrais bien plaire, mais silencieux, fatigué, cette dame altière m’invite à la suivre. »


Voilà donc un homme vraiment épris qui avoue la part qu’il a faite au style en confessant qu’il aurait pu la faire plus grande! Voilà un amant qui s’armait d’une lime pour polir ses expressions! Remarquez pourtant qu’il ne cherchait pas la gloire; sa poésie était un soulagement de sa douleur et chacun de ses vers une larme. Comment s’expliquent deux dispositions si contraires? Il y a dans les poëtes comme deux âmes, celle qui souffre réellement et celle qui juge, qui analyse, qui exprime cette souffrance. Les émotions de l’une sont trop pleines de trouble pour devenir de la poésie; il faut qu’elles soient épurées par l’autre qui choisit et transfigure. Le poëte dans Pétrarque se nourrissait de la substance la plus pure des sentiments qui étaient dans l’homme : à distance, le travail du premier transformait la passion du second.

 

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